Pays provisoire, Fanny Tonnelier

0 Ecrit par le mer, 31 janvier 2018, 18:21

Un coup de chapeau à Fanny Tonnelier pour son premier roman

PAYS PROVISOIRE

publié le 4 janvier 2018, par les éditions ALMA

Couverture - Pays provisoirePourquoi ce coup de chapeau ? Non seulement cet ouvrage invite le lecteur dans l’univers de la création de chapeaux, celui de l’héroïne de ce roman, une modiste particulièrement douée, mais son auteure révèle un véritable talent dans l’écriture de cet ouvrage original.

Fille de plumassiers d’origine savoyarde travaillant à Paris, la jeune Amélie Servoz éprouve une véritable passion pour la création de chapeaux. Comme elle est ambitieuse, elle saisit l’opportunité que lui offre une relation de ses parents de reprendre la boutique de mode qu’elle tenait à Saint-Pétersbourg depuis quarante ans. C’est ainsi qu’Amélie part en Russie, en 1910. A cette époque, de nombreuses françaises partirent dans ce pays pour y travailler dans les métiers de la mode ou de l’éducation. La capitale russe d’alors y est dépeinte avec précision. Pendant sept ans, Amélie crée de magnifiques chapeaux destinés à la clientèle bourgeoise de la ville. Elle mène une existence paisible jusqu’à ce que la révolution de 1917 éclate. Les combats de rue font rage, l’anarchie s’installe. La boutique de la jeune femme est saccagée et pillée. Amélie décide de retourner en France, en guerre elle aussi.  Les Bolchéviks contrôlent en permanence les arrivées et départs des français, mais en échange de quelques roubles, Amélie obtient le visa qui lui permet de quitter le pays.

C’est alors que commence un long et dangereux périple en train à travers la Finlande, la Suède, puis en bateau pour se rendre en Ecosse, en Angleterre, puis enfin en France, dans le contexte de la Première Guerre Mondiale. Lors de ce voyage, Amélie rencontre Friedrich, un Suédois spécialisé dans le négoce du bois. Ils ne tardent pas à s’éprendre l’un de l’autre.

Notre avis :

La construction narrative fait voyager le lecteur, par le jeu d’alternance de scènes se déroulant tantôt à Saint-Pétersbourg, tantôt à Paris, puis à Stockholm et de nouveau en Russie, en fonction des pensées ou récits  de l’héroïne et non des événements. Ce  n’est pas un récit linéaire, mais une succession de retours en arrière,  à l’exception des six derniers chapitres (sur 28) qui sont consacrés aux étapes finales du voyage de retour en France.

L’auteure décrit avec minutie l’univers de la création de chapeaux, reconstitue avec justesse la trame historique, depuis la déliquescence de l’empire russe jusqu’aux effets dévastateurs de la Première Guerre Mondiale.

La seule faiblesse de ce roman réside dans l’apparente facilité avec laquelle l’héroïne traverse les épreuves auxquelles elle est confrontée.

Ecrit par

Linguiste de formation, mélomane et pratiquante du yoga depuis mon entrée dans l’âge adulte, je cultive l’art du bien-être, du mieux-vivre, mais aussi mon jardin, au sens propre comme au figuré. Respecter la nature et l’humain, c’est respecter son corps par une hygiène alimentaire et une pratique sportive adaptées à chacun. L’ouverture aux autres passe par tout ce que l’on partage, les bons petits (et grands !) plats, sains et équilibrés, par le culte du beau, du bon et du vrai, dans ce domaine comme dans les découvertes culturelles (artistiques, touristiques, littéraires) ou sportives. Animée par ces valeurs, je suis devenue rédactrice pour Femme-Attitude afin de transmettre en toute humilité ce qui donne du sens à la vie dans un monde si beau, hélas souvent malmené et donc fragilisé.

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